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NANANE

Si le mot nanane se situe aujourd’hui quelque part entre le terme superlatif de la gratification et la couleur rose nanane, sachez qu’il n’en a pas toujours été ainsi. À l’origine, le terme nanane signifiait plutôt un bonbon. C’est dans le cadre de l’élaboration d’une marque-concept de collations de plein air et suite à une élocution de l’historien Michel Lambert que nous avons plongé dans cette énigme.

Transportons-nous dans le Nitassinan; territoire ancestral des Innus. Et portons une attention particulière sur les mots en innu-aimun suivants : uteiminan (une fraise), inniminan (un bleuet) et nissiminan (une airelle). Remarquez bien la finale en “nan” présente dans chaque mot, et qui, par désigne tous des petits fruits en innu-aimun.

Imaginons un groupe d’enfants surexcités se réunissant autour de leurs parentés; ceux-ci leur quémandent jovialement des bonbons dont les noms finissent presque tous en << nan >>. Vous l’aurez peut-être deviné ici, les petits fruits, et ce, sous plusieurs formes, représentaient, aux yeux de ces enfants Innus, des bonbons dans le vrai sens du terme.

Évoquons désormais la présence, à une certaine époque, de missionnaires religieux en soif d’évangélisation au sein des communautés du Nitassinan. Soulignons que ceux-ci ont été des spectateurs privilégiés de ces récitals heureux de << Nan >> avant de se mettre, eux-mêmes, à offrir des nan’nan’, de manière à tisser des liens de confiance avec la communauté, et particulièrement chez les plus jeunes lorsque leurs soutanes passaient par là.

N’en reste pas moins que c’est envers ces mêmes enfants que l’on a initialement utilisé l’expression péjorative d’enfants de nanane. Celle-ci décrit l’attitude d’un petit chenapan, voire une enfant terrible face à l’autorité, mais se présente aussi malicieusement encore aujourd’hui sous une forme atténuée d’enfant de chienne…

Il existe de ces lieux communs qui lorsqu’on en prend pleine conscience, on souhaiterait déboulonner telle une statue d’un personnage, qui, historiquement odieux, menace toujours, de son regard autoritaire un espace vert; plutôt dire notre espace-temps…

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